Paroles : Denez Abernot

Quelques éléments de compréhension :

Des fonds rocheux, une eau généreusement brassée et de faibles variations de température : le littoral du Léon, depuis l'île de Batz, jusqu'au Conquet, y compris l'archipel de Molène, réunit toutes les qualités nécessaires au développement de champs d'algues abondantes.

Les homme de ce pays ont longtemps exploité cette richesse. Marins pour chercher de plus en plus loin la précieuse algue, ils étaient aussi paysans par leurs racines et par la ferme qu'ils possédaient.

Les paroles :

Gwerz ar vezhinerien

Na pa 'moa klevet ar c'heleir
E ranke mond kuit va mestrez
Da vezhinañ d'an enezeier
Trielen ha Molenez

Na pa 'moa klevet ar c'heloù
E ranke mond kuit mintin mad
Kerkent ha ma save ar gouloù
E save ad dour en va daoulagad

Kar ar vuhez en enezennoù
'Zo ur vuhez trist ha kalet
Bemdez, bemnoz e-kreiz ar poanioù
Ar vezhinerien 'zo tud daonet

En o bagoù, abred diouzh ar mintin
E lakeont ar c'herreg en noazh
Faoutet o daouarn gabd ar c'hilhotinn
Ha torret o c'hein gand ar gravazh

Complainte des goémoniers

Quand j'ai entendu la nouvelle
Que ma maîtresse devait partir
Faire le goémon sur les îles
Trielen et Molène.

Quand j'ai entendu la nouvelle
Qu'elle devait partir de bon matin
Dès le lever du jour
Des larmes me montaient aux yeux.

Car la vie sur les îles
Est triste et dure
Toutes les nuits, tous les jours dans la peine
Les goémoniers sont des gens damnés.

Dans leur bateau, tôt le matin
Ils mettent les roches à nu
Leurs mains fendues par le kilhotin
Et leurs dos cassés par la civière.